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Messages

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L’état de droit cessera-t-il un jour d’être un vœu pieux en Haïti?

Comme à l’accoutumée, je me fais toujours un point d’honneur de formuler à mes amis, à mes proches et à mes compatriotes mes vœux les meilleurs pour chaque nouvel an. Mais cela fait plus de deux semaines que je me questionnais si, oui ou non, je maintiendrais cette bonne habitude.
De prime à bord, je me suis dit que cela ne vaudrait absolument pas la peine. Plus les jours passent et plus ils se ressemblent, car ce sont les mêmes maux, les mêmes bévues et les mêmes visages qui déferlent la chronique dans le pays. Mais lorsque mes réflexions se sont convergées vers les quelque rares moments démocratiques, qui dénotent certaines vertus de l’application de l’état de droit, dont j’en suis témoin sous d’autres cieux, je me suis donc évertué à ne pas baisser les bras, car l’écriture est mon exutoire où je traduis en mots mes frustrations, mes déboires, mes douleurs, quand je pense aux comportements infâmes de nos hommes et femmes politique haïtiens, il y a des lustres.


La classe politique…

Martelly et Lamothe, deux cabotins dans un pays de corrompus

Je suis loin d'être étonné par la réaction de certains de mes compatriotes qui trouvent excessifs qu'une frange importante de la population soit pour la démission de Sweet Micky. Dans un sens, je les comprends. Oui, parce que le renversement des gouvernements pour un cric ou un crac, sans la poursuite d'un projet sociétal, est depuis longtemps un sport national dont on tire un plaisir démoniaque et mesquin. Par contre, l'argument que Martelly termine absolument son mandat me parait tout aussi excessif. Toutes les dérives démocratiques de Martelly et la gestion tapageuse de son Premier ministre Laurent Lamothe qui auraient dû être des évidences de la tendance autocratique du président et l'incompétence du Premier ministre, ne sont aux yeux de certains un pis aller et même, dans certains cas, une bénédiction divine.

Même quand les fautes de Sweet Micky sont impardonnables, soit par l'arrestation du député Arnel Bélizaire au début de son mandat ou la velléité de …

Juge Jean Serge Joseph: Le martyr d’une justice saine

Le juge Jean Serge Joseph a payé de son sang pour honorer la justice haïtienne, couverte d’opprobre depuis la nuit des temps, mettant en exergue son indépendance des autres paliers du gouvernement. Son héroïsme, son patriotisme et son sens de l’honneur doivent prodigieusement inspirer tous ceux et celles qui se livrent âprement dans le combat pour l’instauration d’un vrai État de Droit dans le pays. Honneur à son courage!
En date du 13 juillet, la nouvelle est tombée comme une trainée de poudre dans la presse locale. À la une, cette périlleuse décision que le juge Serge Joseph a courageusement rendue, en date du 2 juillet 2013, faisant injonction au chef de l’État de mettre à la disposition de la justice haïtienne des hauts commis de l’État-comme témoins, afin de faire le jour sur les accusations de fraudes et d’usurpation de titre portées contre la famille présidentielle, lui a malheureusement couté la vie. Il est mort en héro pour avoir donné valeureusement suite à une poursuite co…

Penser et comprendre Haïti pour une nouvelle renaissance

Je ne pourrais m'empêcher de commencer ce billet par cette phrase lapidaire, une de mes trouvailles, Haïti, un si grand pays pour de si petits hommes. Ce pays où des hommes ont réalisé l'une des révolutions universelles de toute l'Histoire de l'humanité se retrouve acculé à la mendicité, à la crasse, à l’opprobre, au naufrage de cette épopée de 1804. Devant une telle éventualité, aucun individu ne doit rester indifférent, surtout quand on est fils ou fille de ce coin de terre. Pour comprendre les causes de nos malheurs, il faut mettre de côté toute émotion, il faut dépasser les lieux communs, ses idées reçus qui nous empêchent de voir la forêt, donc les problèmes fondamentaux qui gênent toute issue à la crise permanente haïtienne. Entendons-nous sur les mêmes problèmes, nous serons unis dans la preuve, pour paraphraser Gaston Bachelard. La question qui me titille depuis assez longtemps, c'est l'incapacité depuis 200 ans de notre part de mettre Haïti sur la voi…

Lettre du sénateur Steven Irvenson Benoit

Port-au-Prince, le 9 août 2012 Son Excellence
Monsieur Michel Joseph MARTELLY
Président de la République
Palais National

Excellence,

Une fois de plus, j’ai l’honneur de m’adresser à vous en tant que responsable de la bonne marche des institutions républicaines de ce pays, et du bon déroulement de son processus démocratique. J’espère donc que vous recevrez cette correspondance dans un esprit d’ouverture pouvant faciliter un dialogue pacificateur et stabilisateur qui nous permettra de réussir la traversée de la conjoncture actuelle.

Quelques antécédents

Permettez que je vous rappelle qu’en avril 1997, lors des élections devant justement permettre le renouvellement du tiers du Sénat, les résultats du 1er tour ont été contestés avec tant de virulence que les deux (2) Sénateurs élus n’ont jamais pu prêter serment. Quant au 2ème tour il n’eut jamais lieu. Résultats décriés, Conseil électoral provisoire décrié tout autant. 

En mai 2000, le pouvoir en place avait tenté de rafler tous les sièges du P…

Le mal haïtien : une endémie séculaire (suite)

La crise institutionnelle qui affecte Haïti, depuis plus de 2 mois, fait couler beaucoup de salives. L'irrégularité ou l'illégalité des mesures prises soit par la formation du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), soit du choix arbitraire de ce dernier de 3 membres du Conseil Électoral Permanent (CEP), ou encore la promulgation du décret de la formation du CEP amputée des 3 membres du pouvoir législatif ne doit pas seulement nous dégoûter, répugner, écœurer mais surtout nous appeler à comprendre que, comme disait Marx, «La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants.»

Toutes les pratiques de nos dirigeants de Toussaint Louverture, en passant par Dessalines, jusqu'à Michel Martelly sont des constantes des relations sociales, culturelles, économiques et politiques. Personne n'est épargné aux multiples dérives qui nous guettent. L'inconscient collectif avalise notre morbidité à persister dans la déch…

CHRONIQUE D’UNE CRISE ÉLECTORALE ANNONCÉE

Après tant de levée de boucliers suscitée par le choix incommode des représentants du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), menant à la formation du Conseil Électoral Permanent, le président s’est vu contraindre, par la montée des protestations tous azimuts, d’inviter les protagonistes de la crise à la négociation. Mais il lui était impossible de faire passer la pilule amère du Conseil Électoral Permanent fortement contesté. Il mit abruptement fin aux pourparlers, car la détermination des participants était plus grande qu’il ne l’avait cru. Ils ne sont pas dupes. Ils ont défendu la prééminence du droit et le respect scrupuleux des lois portant sur la création du conseil. À cette fin, ils prônent, pour la plupart, un Conseil Électoral Provisoire pour dénouer l’impasse politique actuelle. Une telle alternative n’a malheureusement pas reçu l’aval du chef de l’État. Mais à quoi bon d’initier un dialogue dont les résultats sont attendus et connus d’avance?

Plusieurs données expl…

Lettre ouverte au Président Michel Martelly du Docteur André Morno

Monsieur Michel Joseph Martelly
Président de la République d’Haiti
Palais national
Son Excellence Monsieur le Président,
Je suis André MORNO, médecin anesthésiologiste, membre de l’association médicale américaine, diplomate de la Société américaine d’anesthésiologie-Fellow du Collège américain d’anesthésiologie. Je pratique dans le pays depuis 1980 après de longues années aux États-Unis et au Canada. J’ai dispensé des cours tant à l’Université d’État d’Haiti qu’à l’Université Notre-Dame d’HaIti où j’ai participé à la formation de plusieurs générations de médecins. Dans ma vie je n’ai jamais été l’objet de poursuites judiciairies.

Les faits:
A mon retour au pays, j’ai fait l’acquisition en 1988 d’une proprieté à Péguy-Ville. En 1994, sur cette propriété, avec des ressources provenant de la vente de ma maison aux États-Unis, de deux prêts de la Sogebel, et d’une ligne de crédit de la Sogebank, j’ai construit sept appartements pour préparer ma retraite. Je vis dans l’un de ces appart…

Haïti, le paradoxe entre la volonté et l’intelligence

Les derniers évènements autour du Conseil Supérieur du Pouvoir judiciaire (CSPJ) sont symptomatiques de l'inconscient collectif. La décision du Président de cette institution, fraichement créée, Maitre Arnel Joseph, de surcroit, juge en chef de la cour de Cassation, de choisir les trois membres du Conseil Électoral Permanent (CEP) est pathétique. Faisant fi des règles les plus élémentaires de la procédure administrative, ce juge en chef, chevronné des institutions judiciaires, choisit ces trois membres en l'absence de quorum, de façon arbitraire. Cette façon d'agir est une constante de la mentalité haïtienne. Aucune surprise. Le contraire nous aurait étonné. La levée de bouclier qui s'ensuive n'a pas du tout inquiété ni le président de la République, ni Maitre Arnel Joseph encore moins le parlement, sauf quelques voix, ça et là. La répétition de l'histoire en Haïti à la vie dure : l'invariant de la culture, de la culture politique en dernière instance surd…

LE CSPJ RATERA-T-IL SON RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE?

L’opinion publique haïtienne est accoutumée avec les sempiternelles histoires de pots-de-vin qui altèrent profondément toutes les composantes de la société haïtienne. Cependant, la corruption et la mainmise des hauts fonctionnaires ont atteint son apogée, après l’avènement au pouvoir de M. Joseph Michel Martely, dû au manque de vision à long terme du gouvernement. D’aucun pensait que le gouvernement Martelly-Lamothe était de bonne foi lorsqu’ils ont manifesté leur volonté de finir avec le cycle infernal des institutions provisoires dont le Conseil Électoral, et de consolider l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le sort en est jeté!

Malgré les nombreux scandales qui ont éclaboussé le système judiciaire dans le passé, on se croirait à l’abri des supercheries d’une fonction publique gangrénée, après l’entrée en fonction des membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Mais l’histoire vient de nous prouver le contraire. En effet, les organisations de la société civile, l’Ass…

Martelly et Lamothe : La fourberie comme formule de gouverner

La déclaration, à l’emporte-pièce, du garde des sauts de la république, M. Jean Renel Sanon, devant la commission justice et paix du parlement, selon laquelle l’ex-commissaire du Gouvernement se serait trompé de bonne foi lors de l’arrestation du député Arnel Bélizaire, voulant ainsi justifier sa nomination comme juge de paix, est un véritable accroc à la démocratie haïtienne. En effet, l’indulgence de l’équipe au pouvoir pour les bandits notoires, dont Gaby Silencieux, nommé Délégué du nord alors qu’il est recherché par la police, en dit long sur leur complaisance envers ces malfrats. Pourtant, le locataire du Palais National fait très peu cas des récriminations de la société civile et de l’international; Il s’entête dans les nominations des personnages au passé très peu reluisant.
De plus, profitant de cette tribune de parle-menteur, le ministre de l’injustice a aussi remis en question les attributions du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), dont les membres ont finalemen…

Trames de l'arrestation du député

scénarii #1 à #3 de la saga de l'arrestation du  député Arnel Bélizaire.