Passer au contenu principal

Messages

Affichage des messages portant l'étiquette culture

Pour une Nouvelle Haïti : une lutte contre nous-mêmes

Comprendre l'intolérance viscérale aux opinions contraires

Pour remémorer le quinzième anniversaire de la mort de Jean Dominique, je tiens à partager avec vous un texte que j'ai publié sur ma page Facebook le 20 février 2015. Ce texte rappelle la clairvoyance intellectuelle de l'un des plus grands journalistes haïtiens de la fin du 20e siècle. Jean Do est l'un des intellectuels organiques par excellence de la société haïtienne qui rejoignait sa pensée politique à la praxis. Allié de la cause des opprimés sous le régime de Duvalier, il a su conscientiser tous les laisser-pour-comptes qu'une Nouvelle Haïti était possible et il en a fait son sacerdoce. Il n'était pas seulement l'ennemi d'un régime mais de toute une mentalité incrustée, ancrée dans la société haïtienne,donc un système archaïque..

Si son assassinat a été perpétré par des gens clairement identifiés, mais, inconsciemment ou consciemment, ces gens sont les suppôts d'une culture d'intol…

L'Homme est-il doué de raison?

Raison ou croyance?Dans la mesure où la raison se confond avec la logique ou l'esprit scientifique, on croit tous, à quelques exceptions près comme un a priori, que c'est une évidence même, que l'être humain est doté de cette qualité. Dans mon cas, je m'inscris en faux contre cette assertion généralement acceptée. C'est plutôt le contraire qui serait la règle et non l'exception. J'ai longtemps observé que l'humain était foncièrement plus superstitieux que tout autre chose. L'émotion règne en maitre et seigneur dans nos sciences, en particulier les sciences sociales. La religiosité de l'être l'emporte sur sa logique. Prenons ces deux penseurs : Wilfredo Pareto a été longtemps méprisé comme d'ailleurs Machiavel qui est passé pour être cruel par le fait d'exposer les rapports de pouvoir sèchement. Pourquoi croyez-vous que le nom de ce dernier est passé à la postérité comme un sans cœur puisque le terme machiavélique qualifie un individ…

Impossible dialogue, l’impasse est insurmontable

La source du monologue social Dans un de mes commentaires, durant la réunion de El Rancho, je disais : quel dialogue, pour quelle solution, pour quel vivre ensemble? Le dialogue est nécessaire, et même urgent, quand les acteurs ont des contraintes immanentes. Quelle contrainte aurais-je à initier un dialogue avec qui que ce soit s’il ne fait pas partie de ma vie de loin ou de près, et vous-même en retour? La nécessité du vivre ensemble renvoie au besoin de l'harmonie et de la concorde, donc de la recherche du bonheur général suivant l'éthique de la responsabilité : la solidarité citoyenne, le minimum socialement et moralement nécessaire pour perpétuer et prospérer en tant qu'unité nationale. En Haïti, c'est le mode de production de la flibuste qui a toujours prévalu. Cela rime et rythme tous les aspects de la vie sociale. La mentalité du marron, l'individualisme crasse ou anarchiste, ne saurait se soucier du bien commun; tout cela l'est complètement étranger.

Haïti, finissons-en avec la commémoration du séisme

Le tremblement de terre n'a rien changéQu’est-ce qui a bien changé suite au séisme du 12 janvier 2010? Absolument rien. Il fallait s’y attendre mais notre attachement à ce pays peut nous éluder le caractère foncièrement délétère des élites. Cependant nous avions crû, heureusement pas plus que deux semaines après cet hécatombe, que quelque chose pourrait changer dans ce pays jusqu'à ce que Préval soit sorti de son mutisme, que les ONG envahissent Haïti et que le naturel revienne au galop, donc le chacun pour soi primaire, qui se traduit par le mépris du plus grand nombre de nos élites et que le peuple subsume par mimétisme admiratif. A la conférence de Montréal, à peine quelques mois après le séisme, où, en pleine conférence, Préval appelait Jean Max Bellerive pour quémander des tentes. L’inélégance de ce geste nous a abasourdi et gêné au point d’avaler, soudainement, toute notre fierté de peuple qui a réalisé l’une des prouesses la plus grandiose de l’humanité en la geste de 1…

L’état de droit cessera-t-il un jour d’être un vœu pieux en Haïti?

Comme à l’accoutumée, je me fais toujours un point d’honneur de formuler à mes amis, à mes proches et à mes compatriotes mes vœux les meilleurs pour chaque nouvel an. Mais cela fait plus de deux semaines que je me questionnais si, oui ou non, je maintiendrais cette bonne habitude.
De prime à bord, je me suis dit que cela ne vaudrait absolument pas la peine. Plus les jours passent et plus ils se ressemblent, car ce sont les mêmes maux, les mêmes bévues et les mêmes visages qui déferlent la chronique dans le pays. Mais lorsque mes réflexions se sont convergées vers les quelque rares moments démocratiques, qui dénotent certaines vertus de l’application de l’état de droit, dont j’en suis témoin sous d’autres cieux, je me suis donc évertué à ne pas baisser les bras, car l’écriture est mon exutoire où je traduis en mots mes frustrations, mes déboires, mes douleurs, quand je pense aux comportements infâmes de nos hommes et femmes politique haïtiens, il y a des lustres.


La classe politique…

Haïti, le remplacement des élites est impératif!

Il y a de ces absurdités que l'on ne pourra pas avaler juste pour faire partie du sérail des chantres de l'intelligentsia haïtienne. Plus je scrute cette bande de sophistes, plus je ne tolère plus leur posture intellectuelle. J'ai été aussi fasciné par un certain nombre de louanges dont nos intellectuels se paraient de façon ostentatoire. Par exemple, ces apories dont on s’enorgueillissait d'avoir fourni à l'Afrique, au Québec des professeurs dans les années 60. Ou encore Émile Saint Lot lors des débats sur l'adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, en grand tribun et dans un français impeccable, en tant que rapporteur, a charmé l'assistance, qu'un périodique français a pu dire que «si bien parler est Haïtien, alors nous sommes tous Haïtiens».  Une autre anecdote c'est Mao Zedong ou Mao Tse-Toung qui disait de Jacques Stephen Alexis qu'il était le noir le plus intelligent qu'il n'est jamais rencontré. Jean Casim…

Haïti : l’impasse est globale et totale

Confusion totale dans la tête des Haïtiens. Résultats catastrophiques depuis deux cents ans. Lettrés, les gens qui auraient dû savoir lire les petites lettres fines, ne lisent que de grosses lettres. Les illettrés, par association, ne pourraient faire mieux. Pour faire un parallèle à Platon dans l'allégorie de la caverne, si les lettrés sont dans le noir, le pauvre peuple est dans la noirceur la plus opaque. Un des problèmes sensibles en Haïti est la question de couleur. C'est une question qui a traversé notre histoire et qui est l'une des boulets que nous trainons et qui nous empêchent d'avancer - donc qui n'avance recul- depuis la colonie jusqu'à ce jour. Un autre problème qui est corrolaire à notre incapacité de sortir de l'impasse, c'est notre système d'éducation.
Avant d'argumenter davantage, un point de méthode à esquisser. Comment comprenez-vous que la majorité de nos intellectuels utilisent l'appareillage conceptuel européen, en pa…

Pourquoi Haïti est-elle si pauvre?

A mon tour, aujourd'hui, de répondre à cette question de façon concise, sans fla-fla : pourquoi Haïti est-elle si pauvre? Parce que l'esprit de la majorité d'entr'eux-nous est si pauvre qu'on ne fait que de la récitation et pas de la créativité. Nous sommes enfermés dans une prison mentale qui nous empêche de voir, même pas la p'tite Sentaniz dans les grands livres qu'on se plaise à réciter à satiété, comme l'a si bien mentionné Maurice Sixto dans ses observations sociologiques d'Haïti. Demande à un Haïtien de te faire la critique d'un texte, la première, et parfois la seule et unique remarque qu'il te gargarise, c'est la forme, donc les erreurs linguistiques ou la beauté ou non du texte, selon lui. La deuxième, suivant le niveau de scolarité de cette personne, c'est si tu fais étalage de tes connaissances par tes citations ou reprendre des idées des grands maitres. Si ces deux premières conditions sont remplies, tu deviens un lokob…

La commémoration du 26 avril 1963: regard critique

La commémoration du massacre du 26 avril 1963 par le sanguinaire dictateur Papa Doc me laisse sur ma soif. On a moussé les sentiments à son paroxysme, mais aucune initiative pour l'érection d'un monument aux victimes n'a été prise. Après 27 ans de la chute du petit diable de Papa Doc, Baby Doc, le travail de mémoire n'a pas été fait : Fort Dimanche a été rasée de la carte, aucun symbole de la dictature purulente n'a été sauvegardé, mais le retour du néo duvaliérisme au timon des affaires du pays est une réalité bien vivante. Voilà ce qu'on a semé durant les 27 dernières années. Voilà ce qu'on a récolté aujourd'hui. La structure mentale est restée intacte nonobstant la modernité du discours, comme ce fut le cas tout le long de notre histoire. Nous savons nous adapter à la modernisation des discours sans leur application dans la vie courante. Le monstre Duvalier n'a pas été un hasard, il a été construit au fil du temps. D’ailleurs, il suffit de revis…

Penser et comprendre Haïti pour une nouvelle renaissance

Je ne pourrais m'empêcher de commencer ce billet par cette phrase lapidaire, une de mes trouvailles, Haïti, un si grand pays pour de si petits hommes. Ce pays où des hommes ont réalisé l'une des révolutions universelles de toute l'Histoire de l'humanité se retrouve acculé à la mendicité, à la crasse, à l’opprobre, au naufrage de cette épopée de 1804. Devant une telle éventualité, aucun individu ne doit rester indifférent, surtout quand on est fils ou fille de ce coin de terre. Pour comprendre les causes de nos malheurs, il faut mettre de côté toute émotion, il faut dépasser les lieux communs, ses idées reçus qui nous empêchent de voir la forêt, donc les problèmes fondamentaux qui gênent toute issue à la crise permanente haïtienne. Entendons-nous sur les mêmes problèmes, nous serons unis dans la preuve, pour paraphraser Gaston Bachelard. La question qui me titille depuis assez longtemps, c'est l'incapacité depuis 200 ans de notre part de mettre Haïti sur la voi…

Le mal haïtien : une endémie séculaire (suite)

La crise institutionnelle qui affecte Haïti, depuis plus de 2 mois, fait couler beaucoup de salives. L'irrégularité ou l'illégalité des mesures prises soit par la formation du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), soit du choix arbitraire de ce dernier de 3 membres du Conseil Électoral Permanent (CEP), ou encore la promulgation du décret de la formation du CEP amputée des 3 membres du pouvoir législatif ne doit pas seulement nous dégoûter, répugner, écœurer mais surtout nous appeler à comprendre que, comme disait Marx, «La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants.»

Toutes les pratiques de nos dirigeants de Toussaint Louverture, en passant par Dessalines, jusqu'à Michel Martelly sont des constantes des relations sociales, culturelles, économiques et politiques. Personne n'est épargné aux multiples dérives qui nous guettent. L'inconscient collectif avalise notre morbidité à persister dans la déch…

Le mal haïtien : une endémie séculaire

La gravité de la situation d’Haïti ne peut être saisie à travers le prisme du conjoncturel ou de l'évènementiel. Diaboliser le nouveau pouvoir, celui de Martelly-Lamothe comme épiphénomène, c'est rater le bateau dans la compréhension des racines du mal qui gangrène ce pays arrivé à sa métastase; il n'est que la reproduction d'un savoir-faire dans l'art de détruire ce pays. Dans l'inconscient collectif, s'imprègnent les germes de destruction massive de tout un peuple : drôle de bizarrerie. Le suicide collectif est orchestré par des élites qui auraient dû être en mesure de se hisser à la hauteur du drame annoncé. À force de mystifier le bon vieux peuple, les élites se mystifient elles-mêmes; elles finissent par prendre des vessies pour des lanternes. Ce pays est un terroir fertile pour les mercenaires, les flibustiers et pirates de tous acabits. L'histoire de ce pays recèle la quintessence de tout ce qui est aux antipodes de la modernité : la zizanie Noi…

Les élites haïtiennes : des canards boiteux

Durant les vingt-six dernières années, le pays a reculé à tous les niveaux. Imaginez seulement qu'à l'époque des Duvalier, Haïti présentait un tableau sombre et, après ces derniers, la dégringolade s'amplifiait. Le résultat ne pouvait pas être plus catastrophique. Le séisme du 12 janvier 2010 est venu compliqué les choses dans un pays où le chacun pour soi est la règle. Pensez en terme macroéconomique est une lointaine perception ou réalité: il manque d'intellectuels organiques dans le sens de Gramsci. Il manque tout simplement de penseurs qui constitueraient une masse critique. On trouve ça et là d'échantillons de penseurs noyés dans la masse de médiocrité.


Frantz Fanon
N'est-il pas vrai que l'intelligence est la faculté de contourner les contraintes inhérentes à la vie en général? L'intellectuel étant celui qui utilise son cerveau comme moyen de faire face aux contraintes, donc d'en proposer des solutions pratiques, il est donc de son ressort d'…