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Messages

Affichage des messages portant l'étiquette dictature

Haïti, les temps sont durs : trop durs

Le dilemme haïtien 
Les temps sont durs en Haïti et aucune planification de sortie de la crise n’est ni formuler théoriquement ni coordonner dans le concret. Les mêmes vieux réflexes de «grenadiers à l’assaut», du déboulonnement des gouvernements juste pour «ôte-toi que je m’y mette!» sans que l’intérêt général y soit pour quelque chose. Le dilemme que nous vivons dans cette conjoncture est apparent. D’un côté, l’entêtement de Martelly d’exacerber les conflits par ces attaques verbales, par l’empêchement de la bonne conduite des institutions en louvoyant sur l’organisation des élections, par son intervention dans les affaires des deux autres pouvoirs (législatif et judiciaire) de l’État, dont le but est d’imposer une dictature est inacceptable, car des générations se sont battues et sacrifiées contre l’autocratie ambiante dans la culture haïtienne pour changer la donne. De l’autre côté, l’opposition voudrait, soit par vengeance ou par intérêts mesquins, renverser le président et pren…

Martelly et Lamothe, deux cabotins dans un pays de corrompus

Je suis loin d'être étonné par la réaction de certains de mes compatriotes qui trouvent excessifs qu'une frange importante de la population soit pour la démission de Sweet Micky. Dans un sens, je les comprends. Oui, parce que le renversement des gouvernements pour un cric ou un crac, sans la poursuite d'un projet sociétal, est depuis longtemps un sport national dont on tire un plaisir démoniaque et mesquin. Par contre, l'argument que Martelly termine absolument son mandat me parait tout aussi excessif. Toutes les dérives démocratiques de Martelly et la gestion tapageuse de son Premier ministre Laurent Lamothe qui auraient dû être des évidences de la tendance autocratique du président et l'incompétence du Premier ministre, ne sont aux yeux de certains un pis aller et même, dans certains cas, une bénédiction divine.

Même quand les fautes de Sweet Micky sont impardonnables, soit par l'arrestation du député Arnel Bélizaire au début de son mandat ou la velléité de …

Michel Martelly et Laurent Lamothe, le summum de la crise haïtienne

Petite réflexion ou questionnement sur l'impasse haïtienne; la crise qui n’en finit plus, et la persistance de nos élites à s'engoncer dans des schémas de pensée révolue. Parce que j'ai entendu trop souvent, et j'ai déjà donné mon point de vue sur cette question dont on s'enorgueillit sottement, qu'il y a plein d'Haïtiens qui brillent à l'extérieur. Pour moi, je trouve ça tout à fait naturel. Anténor Firmin a déjà magistralement fait la démonstration dans son livre De l’égalité des races humaines, et Cheikh Anta Diop dans son livre Nations nègres et culture est aussi arrivé à la même conclusion que lui, que le nègre n'a rien à envier aux autres genres de l'espèce humaine. Pour bien d'entre nous, il me semble que cela nous surprend qu'un nègre ait brillé dans les champs de la connaissance, donc ainsi je pourrais en déduire qu'on avalise implicitement la thèse de l'infériorité du nègre. Il y en a même un Haïtien au Québec, dont j&#…

Haïti : l’impasse est globale et totale

Confusion totale dans la tête des Haïtiens. Résultats catastrophiques depuis deux cents ans. Lettrés, les gens qui auraient dû savoir lire les petites lettres fines, ne lisent que de grosses lettres. Les illettrés, par association, ne pourraient faire mieux. Pour faire un parallèle à Platon dans l'allégorie de la caverne, si les lettrés sont dans le noir, le pauvre peuple est dans la noirceur la plus opaque. Un des problèmes sensibles en Haïti est la question de couleur. C'est une question qui a traversé notre histoire et qui est l'une des boulets que nous trainons et qui nous empêchent d'avancer - donc qui n'avance recul- depuis la colonie jusqu'à ce jour. Un autre problème qui est corrolaire à notre incapacité de sortir de l'impasse, c'est notre système d'éducation.
Avant d'argumenter davantage, un point de méthode à esquisser. Comment comprenez-vous que la majorité de nos intellectuels utilisent l'appareillage conceptuel européen, en pa…

La source principale de nos échecs...

Quelle est la source de l'échec des élites progressistes en Haïti ? Qui a essayé de créer une rupture épistémologique durant les 50 dernières années? Je serai lapidaire dans ma réponse. Une mise au point est nécessaire là. Dire la vérité n'est pas un manque de fibre patriotique; dire la vérité dans le cas d'Haïti, c'est refuser que notre pays continue à s'enfoncer dans les limbes abyssales. Cette mise au pont étant faite, je dirais que la principale cause de l'échec se situe dans l'exclusion des masses du débat national. Ces élites se partagent les connaissances entre elles. Leur véhicule de diffusion des idées a été longtemps la langue française par le moyen de l'écriture dans un pays où 90% de la population ne sait ni lire ni écrire. Dans une société de l'oralité, le message atteint un cercle très restreint de la population. Je ne serai pas prêt à lapider ces mandarins à l'autel de la patrie. Beaucoup sont de bonne foi. Le poids rétrograde du …

La commémoration du 26 avril 1963: regard critique

La commémoration du massacre du 26 avril 1963 par le sanguinaire dictateur Papa Doc me laisse sur ma soif. On a moussé les sentiments à son paroxysme, mais aucune initiative pour l'érection d'un monument aux victimes n'a été prise. Après 27 ans de la chute du petit diable de Papa Doc, Baby Doc, le travail de mémoire n'a pas été fait : Fort Dimanche a été rasée de la carte, aucun symbole de la dictature purulente n'a été sauvegardé, mais le retour du néo duvaliérisme au timon des affaires du pays est une réalité bien vivante. Voilà ce qu'on a semé durant les 27 dernières années. Voilà ce qu'on a récolté aujourd'hui. La structure mentale est restée intacte nonobstant la modernité du discours, comme ce fut le cas tout le long de notre histoire. Nous savons nous adapter à la modernisation des discours sans leur application dans la vie courante. Le monstre Duvalier n'a pas été un hasard, il a été construit au fil du temps. D’ailleurs, il suffit de revis…

Le mal haïtien : une endémie séculaire (suite)

La crise institutionnelle qui affecte Haïti, depuis plus de 2 mois, fait couler beaucoup de salives. L'irrégularité ou l'illégalité des mesures prises soit par la formation du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), soit du choix arbitraire de ce dernier de 3 membres du Conseil Électoral Permanent (CEP), ou encore la promulgation du décret de la formation du CEP amputée des 3 membres du pouvoir législatif ne doit pas seulement nous dégoûter, répugner, écœurer mais surtout nous appeler à comprendre que, comme disait Marx, «La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants.»

Toutes les pratiques de nos dirigeants de Toussaint Louverture, en passant par Dessalines, jusqu'à Michel Martelly sont des constantes des relations sociales, culturelles, économiques et politiques. Personne n'est épargné aux multiples dérives qui nous guettent. L'inconscient collectif avalise notre morbidité à persister dans la déch…

Lettre ouverte au Président Michel Martelly du Docteur André Morno

Monsieur Michel Joseph Martelly
Président de la République d’Haiti
Palais national
Son Excellence Monsieur le Président,
Je suis André MORNO, médecin anesthésiologiste, membre de l’association médicale américaine, diplomate de la Société américaine d’anesthésiologie-Fellow du Collège américain d’anesthésiologie. Je pratique dans le pays depuis 1980 après de longues années aux États-Unis et au Canada. J’ai dispensé des cours tant à l’Université d’État d’Haiti qu’à l’Université Notre-Dame d’HaIti où j’ai participé à la formation de plusieurs générations de médecins. Dans ma vie je n’ai jamais été l’objet de poursuites judiciairies.

Les faits:
A mon retour au pays, j’ai fait l’acquisition en 1988 d’une proprieté à Péguy-Ville. En 1994, sur cette propriété, avec des ressources provenant de la vente de ma maison aux États-Unis, de deux prêts de la Sogebel, et d’une ligne de crédit de la Sogebank, j’ai construit sept appartements pour préparer ma retraite. Je vis dans l’un de ces appart…

Jacques Attali : analyse fondamentale de la crise financière et économique

Dans l'Express du 27 novembre 2011, Jacques Attali a livré une analyse extraordinaire de la crise financière et économique. En quelques mots, il a touché fondamentalement ce qui fait problème dans le système capitalisme. Dans cet article, l'auteur fait une radiographie des problèmes congénitaux du système, tant du point de vue de la circulation que de l'échange des marchandises. L'outil de la circulation des biens est la monnaie qui est une facilitatrice exceptionnelle dans l'échange des biens entre les acteurs économiques. En revanche, les ressources sont limitées: les matières, l'énergie, et j'en passe.

Le besoin insatiable du capital de faire fructifier à l'infini ses profits l'amène à créer des subterfuges par le biais du secteur financier pour multiplier à l'infini la capacité de croître les capitaux. Ce qu'on oublie trop souvent c'est que la contrainte de la rareté,- puisque les ressources sont limitées -, nous impose des choix ra…