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Michel Martelly et Laurent Lamothe, le summum de la crise haïtienne

Petite réflexion ou questionnement sur l'impasse haïtienne; la crise qui n’en finit plus, et la persistance de nos élites à s'engoncer dans des schémas de pensée révolue. Parce que j'ai entendu trop souvent, et j'ai déjà donné mon point de vue sur cette question dont on s'enorgueillit sottement, qu'il y a plein d'Haïtiens qui brillent à l'extérieur. Pour moi, je trouve ça tout à fait naturel. Anténor Firmin a déjà magistralement fait la démonstration dans son livre De l’égalité des races humaines, et Cheikh Anta Diop dans son livre Nations nègres et culture est aussi arrivé à la même conclusion que lui, que le nègre n'a rien à envier aux autres genres de l'espèce humaine. Pour bien d'entre nous, il me semble que cela nous surprend qu'un nègre ait brillé dans les champs de la connaissance, donc ainsi je pourrais en déduire qu'on avalise implicitement la thèse de l'infériorité du nègre. Il y en a même un Haïtien au Québec, dont j&#…

Juge Jean Serge Joseph: Le martyr d’une justice saine

Le juge Jean Serge Joseph a payé de son sang pour honorer la justice haïtienne, couverte d’opprobre depuis la nuit des temps, mettant en exergue son indépendance des autres paliers du gouvernement. Son héroïsme, son patriotisme et son sens de l’honneur doivent prodigieusement inspirer tous ceux et celles qui se livrent âprement dans le combat pour l’instauration d’un vrai État de Droit dans le pays. Honneur à son courage!
En date du 13 juillet, la nouvelle est tombée comme une trainée de poudre dans la presse locale. À la une, cette périlleuse décision que le juge Serge Joseph a courageusement rendue, en date du 2 juillet 2013, faisant injonction au chef de l’État de mettre à la disposition de la justice haïtienne des hauts commis de l’État-comme témoins, afin de faire le jour sur les accusations de fraudes et d’usurpation de titre portées contre la famille présidentielle, lui a malheureusement couté la vie. Il est mort en héro pour avoir donné valeureusement suite à une poursuite co…

Pourquoi Haïti est-elle si pauvre?

A mon tour, aujourd'hui, de répondre à cette question de façon concise, sans fla-fla : pourquoi Haïti est-elle si pauvre? Parce que l'esprit de la majorité d'entr'eux-nous est si pauvre qu'on ne fait que de la récitation et pas de la créativité. Nous sommes enfermés dans une prison mentale qui nous empêche de voir, même pas la p'tite Sentaniz dans les grands livres qu'on se plaise à réciter à satiété, comme l'a si bien mentionné Maurice Sixto dans ses observations sociologiques d'Haïti. Demande à un Haïtien de te faire la critique d'un texte, la première, et parfois la seule et unique remarque qu'il te gargarise, c'est la forme, donc les erreurs linguistiques ou la beauté ou non du texte, selon lui. La deuxième, suivant le niveau de scolarité de cette personne, c'est si tu fais étalage de tes connaissances par tes citations ou reprendre des idées des grands maitres. Si ces deux premières conditions sont remplies, tu deviens un lokob…

La commémoration du 26 avril 1963: regard critique

La commémoration du massacre du 26 avril 1963 par le sanguinaire dictateur Papa Doc me laisse sur ma soif. On a moussé les sentiments à son paroxysme, mais aucune initiative pour l'érection d'un monument aux victimes n'a été prise. Après 27 ans de la chute du petit diable de Papa Doc, Baby Doc, le travail de mémoire n'a pas été fait : Fort Dimanche a été rasée de la carte, aucun symbole de la dictature purulente n'a été sauvegardé, mais le retour du néo duvaliérisme au timon des affaires du pays est une réalité bien vivante. Voilà ce qu'on a semé durant les 27 dernières années. Voilà ce qu'on a récolté aujourd'hui. La structure mentale est restée intacte nonobstant la modernité du discours, comme ce fut le cas tout le long de notre histoire. Nous savons nous adapter à la modernisation des discours sans leur application dans la vie courante. Le monstre Duvalier n'a pas été un hasard, il a été construit au fil du temps. D’ailleurs, il suffit de revis…

Penser et comprendre Haïti pour une nouvelle renaissance

Je ne pourrais m'empêcher de commencer ce billet par cette phrase lapidaire, une de mes trouvailles, Haïti, un si grand pays pour de si petits hommes. Ce pays où des hommes ont réalisé l'une des révolutions universelles de toute l'Histoire de l'humanité se retrouve acculé à la mendicité, à la crasse, à l’opprobre, au naufrage de cette épopée de 1804. Devant une telle éventualité, aucun individu ne doit rester indifférent, surtout quand on est fils ou fille de ce coin de terre. Pour comprendre les causes de nos malheurs, il faut mettre de côté toute émotion, il faut dépasser les lieux communs, ses idées reçus qui nous empêchent de voir la forêt, donc les problèmes fondamentaux qui gênent toute issue à la crise permanente haïtienne. Entendons-nous sur les mêmes problèmes, nous serons unis dans la preuve, pour paraphraser Gaston Bachelard. La question qui me titille depuis assez longtemps, c'est l'incapacité depuis 200 ans de notre part de mettre Haïti sur la voi…

Le mal haïtien : une endémie séculaire (suite)

La crise institutionnelle qui affecte Haïti, depuis plus de 2 mois, fait couler beaucoup de salives. L'irrégularité ou l'illégalité des mesures prises soit par la formation du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), soit du choix arbitraire de ce dernier de 3 membres du Conseil Électoral Permanent (CEP), ou encore la promulgation du décret de la formation du CEP amputée des 3 membres du pouvoir législatif ne doit pas seulement nous dégoûter, répugner, écœurer mais surtout nous appeler à comprendre que, comme disait Marx, «La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants.»

Toutes les pratiques de nos dirigeants de Toussaint Louverture, en passant par Dessalines, jusqu'à Michel Martelly sont des constantes des relations sociales, culturelles, économiques et politiques. Personne n'est épargné aux multiples dérives qui nous guettent. L'inconscient collectif avalise notre morbidité à persister dans la déch…

CHRONIQUE D’UNE CRISE ÉLECTORALE ANNONCÉE

Après tant de levée de boucliers suscitée par le choix incommode des représentants du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), menant à la formation du Conseil Électoral Permanent, le président s’est vu contraindre, par la montée des protestations tous azimuts, d’inviter les protagonistes de la crise à la négociation. Mais il lui était impossible de faire passer la pilule amère du Conseil Électoral Permanent fortement contesté. Il mit abruptement fin aux pourparlers, car la détermination des participants était plus grande qu’il ne l’avait cru. Ils ne sont pas dupes. Ils ont défendu la prééminence du droit et le respect scrupuleux des lois portant sur la création du conseil. À cette fin, ils prônent, pour la plupart, un Conseil Électoral Provisoire pour dénouer l’impasse politique actuelle. Une telle alternative n’a malheureusement pas reçu l’aval du chef de l’État. Mais à quoi bon d’initier un dialogue dont les résultats sont attendus et connus d’avance?

Plusieurs données expl…

Le mal haïtien : une endémie séculaire

La gravité de la situation d’Haïti ne peut être saisie à travers le prisme du conjoncturel ou de l'évènementiel. Diaboliser le nouveau pouvoir, celui de Martelly-Lamothe comme épiphénomène, c'est rater le bateau dans la compréhension des racines du mal qui gangrène ce pays arrivé à sa métastase; il n'est que la reproduction d'un savoir-faire dans l'art de détruire ce pays. Dans l'inconscient collectif, s'imprègnent les germes de destruction massive de tout un peuple : drôle de bizarrerie. Le suicide collectif est orchestré par des élites qui auraient dû être en mesure de se hisser à la hauteur du drame annoncé. À force de mystifier le bon vieux peuple, les élites se mystifient elles-mêmes; elles finissent par prendre des vessies pour des lanternes. Ce pays est un terroir fertile pour les mercenaires, les flibustiers et pirates de tous acabits. L'histoire de ce pays recèle la quintessence de tout ce qui est aux antipodes de la modernité : la zizanie Noi…

Le maire de Port-au-prince s’oppose à Sweet Micky

Le maire de Port-au-Prince, Jean-Yves Jason, a été démis de ses fonctions par le président Michel Martelly par arrêté du 23 février 2012 et remplacé par Gabrielle Hyacinthe comme président, Jean-Marie Descorbett et Junior Gérard Estimé en tant que membres. Comme c'est monnaie courante dans le reste du pays, depuis l'arrivée de Sweet Micky à la tête du pays, les révocations arbitraires des cartels des pouvoirs municipales. Très récemment, à Jacmel, le sénateur Edwin Zenny, proche du chef de l'état, a procédé arbitrairement au remplacement du cartel de la mairie de cette ville.

Hier, dans une conférence de Presse, Monsieur Jason s'est dit opposé à la décision de l'exécutif de renvoyer son cartel. Le maire affirme que ce dernier n'a aucun pouvoir légal ni morale de prendre une telle décision. De ce fait, il rejette du revers de la main cette décision à l'emporte-pièce. Le premier citoyen de la ville de Port-au-Prince s'est dit victime de ses positions con…